Soupçons de conflit d’intérêts et de pantouflage, le Parlement se couvre

A l’occasion de la décharge budgétaire 2018 du Parlement européen, la délégation française du groupe Identité et Démocratie (RN) a déposé trois amendements que le Président David Sassoli a jugé irrecevables. Cette décision est scandaleuse de la part d’une institution d’habitude si prompte à condamner ce type de pratiques.

Deux amendements portent sur la situation du député Guy Verhofstadt qui cumulait en 2018 le poste de représentant du Parlement européen pour le Brexit et une place au conseil d’administration d’une société financière pour 10 000 euros par mois (cumul qui perdure aujourd’hui). Les investissements de cette société au Royaume-Uni en 2018 font peser de lourds soupçons de conflits d’intérêts compte-tenu des informations sensibles auxquelles avait accès Guy Verhofstadt en sa qualité de représentant du Parlement pour le Brexit. 

Le troisième amendement concerne Richard Corbett, membre britannique du Parlement jusqu’au retrait du Royaume-Uni le 31 janvier 2020. Il pantoufle aujourd’hui au cabinet du secrétaire général du Parlement dans un poste spécialement créé pour lui. L’amendement déposé par le RN visait à s’assurer que l’ancien député socialiste n’a pas bénéficié de passe-droits pour intégrer une haute-administration censée être neutre politiquement.

Jérôme Rivière entend dénoncer la tentative du Parlement européen d’étouffer ces problèmes. Il s’inquiète de voir l’institution tomber dans les travers qu’elle a pourtant dénoncés lorsqu’il s’agissait de Commissaires européens ou de Martin Selmayr.