Édito de Jérôme Rivière

Édito de Jérôme Rivière

par | 7 mai 2021 | Newsletter

En 18 mois, nous avons vu les institutions européennes ignorer toujours davantage la souveraineté des Nations comme la volonté des peuples. Les scandales institutionnels et les décisions arbitraires à répétition ont fait sombrer l’Union Européenne dans un déni de démocratie qu’il n’est désormais plus possible d’ignorer. Sans surprise pour ceux qui n’ont formé aucune illusion sur cette Union Européenne, sa construction se trouve dans une impasse historique ; la gestion catastrophique de la pandémie du Covid-19 par l’Union Européenne, et en particulier la gestion calamiteuse des vaccins par la Commission n’ont fait que l’accentuer.

Après l’abandon de la souveraineté monétaire, trop de domaines essentiels pour la souveraineté des peuples, comme la défense ou la politique migratoire, sont aujourd’hui menacés par la fuite en avant fédéraliste des dirigeants européens.

Nous nous attachons à le rappeler souvent dans l’hémicycle européen : les Nations doivent conserver leurs pouvoirs régaliens et leur souveraineté, compétence des compétences.

La psychose qu’a déclenché la pandémie du Covid-19 aura profondément marqué les politiques publiques, les grands équilibres économiques mais aussi les relations humaines.

Ce virus a montré les erreurs et les mythes propagés par l’idéologie sans-frontiériste, la fable d’une mondialisation heureuse, le déracinement, le rêve fédéraliste européen, le tourisme de masse, l’individualisme exacerbé. Il est inutile d’allonger cette liste tant sous ces différents vocables, on retrouve tous les errements et toutes les fausses promesses de notre temps.

Plus surprenant pour les français, entretenus dans l’illusion d’une France ancrée au premier rang des puissances mondiales, cette épreuve, cette irruption du tragique dans nos vies, a mis au grand jour le déclassement, économique, social et culturel de la France.

Seuls les États ont protégé leur population. C’est bien la Nation qui a protégé les peuples. Souvenons-nous de ces vidéos de citoyens italiens brulant le drapeau de l’UE au pire moment du confinement il y a un an, de leurs chants collectifs sur les balcons des villes blessées. C’est dans ces moments de communion qu’ils ont renoué avec leur identité. Comme l’a si bien écrit Ernest Renan, « Une Nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore ». C’est dans le cadre de la Nation que l’on éprouve le sentiment d’un sort commun, l’Union Européenne l’a systématiquement oublié.

L’Union Européenne doit être refondée pour devenir une Europe de la coopération entre des Nations souveraines bâtie sur le socle de notre civilisation commune.

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