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Discours de Jordan Bardella: CPAC Hongrie 2022

Discours de Jordan Bardella: CPAC Hongrie 2022

par | 31 mai 2022 | Communiqués

Mes chers amis,

Merci de votre accueil. C’est un honneur pour moi d’être parmi vous pour la première fois, et de porter aujourd’hui cette voix française dans le concert des patriotes européens et américains.
Ce mouvement populaire, souverainiste et patriote – dont vous êtes les acteurs partout dans le monde – nous en avons été les porteurs en France durant la campagne présidentielle et nous sommes d’ailleurs engagés en ce moment même dans la campagne des élections législatives.
Vous le savez, Emmanuel Macron a été réélu mais le nombre de voix rassemblés par Marine Le Pen, soit près de 42% du peuple français, 13,5 millions de voix, demeure historique et cette formidable force que nous avons bâti durant cette élection va se poursuivre et nous allons, jusqu’à la victoire, continuer de la porter sans faiblir.

Durant les derniers jours de la campagne présidentielle en France, nous avons assisté à une coalition de tous les intérêts du Système contre nous. Personnalités politiques, médias, sportifs, artistes et figures du politiquement correct : tous se sont alliés pour porter un discours d’une violence sans précédent contre les électeurs patriotes.
En vérité, ce déferlement a de quoi susciter notre enthousiasme. Il est le signe le plus sûr de la fébrilité de nos adversaires, en France comme en Europe. Au rythme de 10 points gagnés tous les 5 ans, je pense pouvoir me risquer à dire que la France sera, en 2027, en mesure de disposer d’un gouvernement patriote.
Parce que ce réveil des peuples est le sens de l’Histoire, la vague patriote que nous venons de connaître en France fait écho à ce que l’on a déjà constaté depuis plusieurs années dans de nombreux pays:

Le Brexit au Royaume-Uni, la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, puis l’affirmation de gouvernements patriotes en Europe, particulièrement en Hongrie et en Pologne, nous montrent que nous faisons face à un phénomène global : le rejet d’une politique mondialiste qui détruit nos identités et livre nos peuples à la prédation économique.
Au delà de nos différences et des enjeux propres à chaque pays, nous sommes réunis ici parce que nous nous efforçons de défendre certaines valeurs communes à tous nos peuples. De ce monde qui vient je voudrais en dresser les trois grands défis, ceux que nous aurons à relever à tous ensemble

La premier défi relève de l’enjeux démographique.
Je suis né, en 1995, sur une planète qui comptait 5 milliards d’habitants. Nos enfants et nos petits-enfants connaîtront un monde de 11 milliards d’être humains.
Ce premier défi, c’est celui de permettre à nos sociétés et à nos peuples de préserver ce droit si essentiel d’être et de rester eux-mêmes.
« La démographie c’est le destin » écrivait le philosophe français Auguste Comte. Face à l’Europe, devant nous, au delà de cette frontières naturelle que représente la Méditerranée, se dresse un continent d’un milliard deux cent-millions d’habitants, l’Afrique, dont la population doublera pour atteindre les 2 milliards 500 millions d’habitants en 2050.
En rappelant que 42% des jeunes africains aspirent à émigrer, l’Institut Gallup nous rappelle que les destins de nos continents respectifs pourraient être liés par la force du nombre.
La ruée vers l’Europe, pour reprendre le titre d’un livre de Stephen Smith, n’en est qu’au début du commencement. Elle appelée de ses voeux par l’Union européenne, encouragée par des pompes aspirantes sociales, économiques, juridiques empêchant aujourd’hui toute possibilité de réguler et de nous protéger de la vague qui vient.
Cette vision quasi-dogmatique d’un accueil inconditionné, illimité et sans frontière ne fait pas seulement le jeux des mafias de passeurs qui profitent de la misère humaine, elle déstabilise nos sociétés en les livrants aux tensions et à la violence.
Lesbos en Grèce hier, Lampedusa avant-hier, Ceuta ou Melila seront notre futur si nous ne reprenons pas dès à présent le contrôle.
Les portes d’entrée en Europe pour l’immigration clandestine se multiplient, transforment des archipels en état de siège, où la population – laissée à l’abandon par l’Europe entière – doit faire face aux nuisances, au vandalisme et parfois aux pillages des lieux de culte.

Pour les tenants du mondialisme, la migration du Sud est un droit, et l’accueil au Nord un devoir pour les peuples d’Europe. Pour nous patriotes, protéger nos modes de vie et en assurer la transmissions aux générations qui viennent est un impératif civilisationnel.
L’Europe, notre continent, peut survivre à des déficits supérieurs à 3% du PIB ; mais elle ne se relèverait pas d’un déficit prolongé des naissances compensé par une submersion migratoire venue de l’extérieur. Demain, l’Europe sera t-elle encore l’Europe, si comme à Cologne, les journées sont rythmées par l’appel du muezzin ? Sera t-elle encore l’Europe si comme dans des villes belges ou hollandaises une majorité d’habitants prête allégeance au roi du Maroc ou au sultan Erdogan ? Enfin, si comme dans tant de quartiers de France, une autre civilisation s’impose et avec elle un rapport aux femmes qui nous est étranger ?

Et parce que les femmes et les hommes qui auront 80 ans en 2100 sont déjà nées, c’est maintenant et aujourd’hui que doit s’ouvrir le débat sur la politique de natalité. Des politiques ambitieuses et incitatives en la matière, notamment par la fiscalité et des aides de l’Etat, ont été conduite dans certains pays comme ici en Hongrie par Viktor Orban et doivent demain nous inspirer.

Le deuxième grand défi qui est devant nous, et qui est intrinsèquement lié au premier, est la crise environnementale et l’enjeux écologique. Nul besoin d’être de gauche pour s’apercevoir que les ressources naturelles de notre planète ne suffiront à l’infini à une population mondiale toujours plus nombreuse.
Nul besoin d’être de gauche, pour s’apercevoir que le modèle économique ultra-libérale, bâti sur le rêve d’une mondialisation heureuse et sur le grand déménagement du monde détruit à petit feu nos terres et nos océans, la qualité de l’air que l’on respire comme celles des aliments que l’on consomme.
Si grâce à son industrie nucléaire la France fait partie des pays les plus propres au monde, le Haut Conseil pour le Climat rappelle que la moitié de nos émission de GES est liée directement à nos importations, et donc à notre modèle économique.
Loin des envolées catastrophistes des Verts, des collapsologues et autres apôtres de la fin du monde, nous devons regarder ce défi avec lucidité et ambition. La question écologique ne peut plus être le monopole de la gauche car elle engage toute l’Humanité.
L’écologie des civilisation que nous voulons est le réel progrès du siècle qui vient. Elle ne préserve pas seulement la diversité des peuples, des identités et des cultures, mais elle ambitionne aussi de léguer aux générations qui viennent un monde durable.
Ce progrès préfère le localisme au globalisme. Il préfère les frontières qui protègent, les circuits- courts, la proximité et le patriotisme économique à la concurrence internationale déloyale et aux délocalisations massives.
Il préfère fabriquer, consommer et retraiter sur place, plutôt que d’importer d’Asie, consommer en Europe pour faire recycler en Afrique.
Il aime le beau et le bon face à la mondialisation qui défigure. Il préfère d’abord son quartier, sa ville ou son village, son pays, à ceux du bout du monde.
L’écologie des civilisation s’oppose à un monde dans lequel les hommes seraient tous les mêmes, séparées de toute culture héritée, de toute croyance personnelle, et donc réduis à leurs intérêts économiques. Un homme indéterminé, sans origine, ni territoire, l’être du rien, pure effet de son désir et de ses caprices.


Enfin, le troisième et dernier défi du monde qui vient, peut-être le plus grand que notre civilisation n’ait jamais affronté, s’appelle l’intelligence artificielle. L’intelligence artificielle, le pouvoir et la conscience des machines, les nouvelles technologies et la collecte infinie de données personnelle posent des dilemmes et je dirais même des périls économiques, éthiques, sociétaux et juridiques sans précédent.
Comme l’explique Yuval Harari dans Homo Deus, les évolutions technologiques du XXIè siècle vont, pour la première fois de l’Histoire de l’humanité, conférer aux Hommes les pouvoirs des Dieux. Créer le vivant et modifier le génome, augmenter les capacités humaines et coloniser le cosmos. D’une manière plus globale, le transhumanisme cherche à abolir toute les limites de l’humanité.

Il pose la question même de la souveraineté de l’Humanité sur sa propre existence. L’IA concurrence le cerveau humain par sa capacité d’analyse exponentielle et il n’est pas question de fillières moins qualifiées, mais au contraire.
En matière de santé, les IA les plus performantes peuvent à ce titre disposer d’une capacité de calcul 1000 supérieur à celle d’un généticien du cancer : le progrès technologique pourrait demain ambitionner de remplacer des ingénieurs ou des médecins.
Face à cela, le politique et les institutions apparaissent comme obsolètes. Les nouveaux apôtre de la religion transhumaniste sont dores et déjà les nouveaux maîtres du monde. Ils ont entre les mains deux pouvoirs immenses : celui de l’argent et celui de la donnée, l’or gris du siècle. Il s’appellent Jeff Bezos, Elon Musk ou Zuckerberg. Ils s’investissement des milliards dans des puces cérébrales qui pourraient demain permettre de guérir Alzheimer ou dans le rêve fou de régénérer les cellules humaines pour tuer la mort.
Ce bond en avant civilisationnel est devant nous : il nous appartient de le dompter et de le réguler.
Quand une technologie apparaît, les Américains en font un commerce, les Chinois la copie et les Européens la régulent. Je ne voudrais pas froisser nos amis américains présents dans la salle, mais le destin de l’Europe ne peut-être de réguler le génie des autres puissances.
Il nous appartient, nous européens, de conquérir cette souveraineté numérique.

Pour conclure, j’aimerais rappeler que le XXIème siècle opposent les liquidateurs de l’Etat-Nation à ceux qui veulent lui rendre sa force.

Face aux partisans d’un monde dérégulé, sans âme ni frontière, nous sommes les gardiens des limites et d’une société à visage humain.
Quand nous parlons de l’Etat-Nation, nous ne parlons pas d’un concept abstrait. Nous parlons d’une réalité vivante, faites de territoires et de terroirs, de villes et de villages, de dunes et de montagnes, de chairs et d’Histoire.
Quand nous parlons de l’Etat-Nation, nous parlons d’une histoire pluriséculaire, dont nous sommes les héritiers attentifs et les continuateurs.
La Nation incarne ce besoin de civilisation dont les peuples ont soif. Elle incarne un besoin de certitudes sur lesquelles s’appuyer, dans la tempête de notre monde.
La Nation, c’est ce socle de principes et de valeurs qui ne peuvent pas être remis en cause par les marchés financiers ou par les modes du moment.

Le patriotisme et la souveraineté ne sont pas des reculs en arrière, mais des bons en avant. Ils ne sont pas des nostalgies d’hier, mais un socle de valeur pour affronter les grands basculements qui viennent.
Le XXIème siècle sera patriote et, parce que nous sommes les dirigeants de demain, nous allons le conquérir.
Je vous remercie.