Commande des frégates par la Grèce : un succès national qui n’efface pas l’humiliation australienne

Commande des frégates par la Grèce : un succès national qui n’efface pas l’humiliation australienne

par | 28 septembre 2021 | Communiqués

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a confirmé mardi 28 septembre, à l’issue d’un entretien avec Emmanuel Macron, la commande de trois frégates Belharra, la version export des frégates de défense et d’intervention (FDI) de la Marine nationale. L’accord, un des plus importants dans le naval de défense depuis des années, prévoit également une Belharra et une Gowind en option. Le Premier ministre grec a profité de sa visite à Paris pour confirmer également la commande de 6 chasseurs Rafale supplémentaires, ce qui porte la commande totale à 24 exemplaires de l’avion de Dassault.

Après la gifle reçue sur le contrat en Australie, cette compensation est une bonne nouvelle pour Naval Group et pour la France mais elle est loin de combler les pertes. La compensation est symbolique, que sont les 5 milliards d’euros de ce contrat face aux 56 milliards perdus en Australie ? Il y avait également dans le contrat avec l’Australie des aspects stratégiques tant par la technologie impliquée (dissuasion nucléaire), que par la région concernée, l’Indo-Pacifique, théâtre de nombreux enjeux de demain desquels la France risque fort d’être absente.

Contrairement à ce que déclare Emmanuel Macron, ce contrat n’est pas le fruit d’une alliance européenne mais bel et bien d’une alliance entre deux nations qui défendent le droit international, c’est-à-dire l’intégrité territoriale de la Grèce et sa souveraineté sur son territoire national et sa ZEE. La posture européenne d’Emmanuel Macron est une imposture : seule la France a agi, et ce contre l’UE paralysée par l’Italie et l’Allemagne qui, toutes deux, ont armé le bras de la Turquie.

Enfin, ce contrat concerne des matériels totalement nationaux, que sont les frégates et le Rafale. Ce succès contredit les volontés de l’exécutif français de la construction d’une industrie de défense européenne, au sein de laquelle il n’aurait pu avoir lieu.

« Emmanuel Macron parle de négocier des compensations pour le contrat australien. Même si je salue ce succès en Grèce, il ne peut nous faire oublier l’humiliation récente. Nous sommes loin du compte », a déclaré Jérôme Rivière.

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